La période d’essai est définie par le Code du travail comme une période qui « permet à l’employeur d’évaluer les compétences du salarié dans son travail, notamment au regard de son expérience, et au salarié d’apprécier si les fonctions occupées lui conviennent ».

Elle n’est pas obligatoire.

Si l’employeur en prévoit une, elle doit être mentionnée dans le contrat de travail ou dans la lettre d’engagement

Quelle est la durée maximale de la période d’essai ?

Pour les contrats à durée indéterminée (CDI), la durée maximale légale de la période d’essai est de 4 mois pour les ouvriers et employés, de 6 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens et enfin de 8 mois pour les cadres (renouvellement compris).

Pour les contrats à durée déterminée (CDD) la durée de la période d’essai va dépendre de la durée du CDD :

  • si le CDD est de moins de six mois, la durée de la période d’essai sera d’un jour par semaine de travail, sans pouvoir dépasser une durée maximale de deux semaines,
  • si le CDD est de plus de six mois, la durée de la période d’essai sera d’un mois maximum.

Une convention collective peut néanmoins prévoir des durées maximales plus courtes.

Peut-on renouveler une période d’essai ?

Oui, il est possible de renouveler une fois une période d’essai d’un contrat à durée indéterminée.

Cependant, plusieurs conditions doivent être respectées :

  • le renouvellement doit être prévu par un accord de branche étendu,
  • le renouvellement doit être mentionné dans le contrat de travail ou la lettre d’engagement,
  • le renouvellement doit être accepté par écrit par le salarié.

Le non-respect de ces conditions entraîne une irrégularité du renouvellement de la période d’essai. Ce qui signifie que le salarié n’est alors plus en période d’essai et que l’employeur ne peut rompre son contrat qu’en respectant les règles de droit commun relatives au licenciement.

> Il n’est pas possible de renouveler la période d’essai d’un contrat à durée déterminée.

Mon employeur rompt mon contrat pendant la période d’essai : que faire ?

Pendant la période d’essai, le contrat de travail peut être rompu librement par l’employeur, comme par le salarié, sans procédure particulière. Il est cependant recommandé de rédiger un écrit daté manifestant la volonté de rompre le contrat.
Attention, cette liberté de rupture n’est pas sans limite : elle doit s’exercer dans le respect de la finalité de cette période.
En cas d’abus de droit, de discrimination, etc., l’employeur pourra être sanctionné à verser au salarié des dommages et intérêts.
Si la période d’essai est d’au moins une semaine, un délai de prévenance devra être respecté pour rompre la période d’essai. La durée de ce délai dépend du temps de présence du salarié dans l’entreprise.
En cas de non-respect de ce délai de prévenance, l’employeur devra verser une indemnité compensatrice au salarié. Son montant est égal au montant des salaires que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé jusqu’au terme du délai de prévenance.

Je me rends compte que le poste ne me convient pas : que faire ?

Comme l’employeur, le salarié a la possibilité de rompre librement son contrat de travail pendant la période d’essai.
Il devra lui aussi respecter un délai de prévenance, d’une durée de 24 à 48h, selon la durée de la période d’essai déjà effectuée.
Ici aussi, il est recommandé de rédiger un écrit daté manifestant la volonté de rompre le contrat pour éviter tout litige.

Références juridiques (Code du travail)

Définition de la période d’essai : article L.1221-21
Durée maximale : article L.1221-19 (CDI) ; article L.1242-10 (CDD)
Renouvellement : article L.1221-23 (CDI)
Délai de prévenance (employeur et salarié) : articles L.1221-25 et L.1221-26